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Le système d'accroche derrière le cadre (photo n°3)
permet de suspendre directement le tableau à un crochet.
Les plans délimités par les lignes noires verticales et
horizontales représentent les champs de coton. A l'intérieur, les carrés
et les rectangles noirs symbolisent les esclaves. Les carrés et les rectangles
qui sont de travers sont les esclaves insoumis. Chaque champs de coton
est différents pourtant on retrouve des similitudes entre les esclaves
soumis ou insoumis dans chaque champs de coton.
J'ai dessiné l'encadrement d'après une photo d'un esclave
vendu sur un marché à qui son propriétaire avait passé un licol en fer
autour du cou et c'est un chaudronnier qui a réalisé le cadre.
Si le texte qui accompagne les cotons de la honte est tout
droit sorti de mon imaginaire, le texte de la vente judiciaire qui le
précède est bien authentique.
Vente judiciaire
Dimanche 25 janvier courant, à onze heures, sur la place publique du
bourg de Port-Louis, il sera procédé à la vente au comptant, au plus offrant
et dernier enchérisseur, de :
1) Une négresse, nommée Clara, âgée de vingt-quatre ans ;
2) Un cheval, sous poil roux foncé, âgé de dix ans ;
3) Divers meubles et effets mobiliers.
Provenant de saisie-exécution. L'Avenir de la Pointe-à-Pitre, 17 janvier
1846.
LES COTONS DE LA HONTE
Comment cela a pu commencer, j'ai oublié la funèbre traversée du bateau
sans retour.
Comment cela a pu continuer, j'ai oublié ; l'éclat de mes rêves s'est
terni à l'ombre du coton.
Comment cela à pu durer, j'ai oublié.
Mais je me souviens de la couleur du coton ; celle du linceul pour ceux
qui perdaient le courage d'espérer.
Mais je me souviens du langage du commandeur ; le fouet.
Mais je me souviens des brulures à l'âme, des ventres creux.
Mais je me souviens surtout de nos chants qui soir après soir ouvraient
les maillons de nos chaines.
Et jamais je n'oublierai ;
Le jour où cette chaine s'est brisée,
Le jour où les négres se sont levés,
Le jour où notre sang a inondé notre révolte,
Le jour où la négrille a déversé son humiliation sur les cotons de la
honte,
Pour la liberté.
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